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 Nagarath

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Krail
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MessageSujet: Nagarath   Dim 14 Jan - 0:20

NAGARATH


Chapitre 1: La Quête du Mage (1)

La nuit était claire et les étoiles brillaient de mille éclats. Celles-ci donnaient du charme aux deux lunes qui montaient progressivement dans le ciel obscur de Nagarath, tandis qu’une embarcation naviguait dans des eaux peu visitées. Il ne s’agissait que d’une simple barque, à l’intérieur de laquelle un homme encapuchonné progressait en direction d’un édifice de pierre qui surgissait de l’eau.
Etrangement, la barque n’avait pas de rame et malgré cela l’homme avançait à bonne allure. Encore plus étrange était le fait que l’homme était positionné sur un bord de la barque, une main plongée constamment dans l’eau. Nombreux auraient été ceux qui se seraient demandé comment une simple barque aurait pu naviguer en un point aussi isolé de toutes terres. Encore plus nombreux seraient ceux qui auraient été interloqués de voir cette petite portion de mer si calme. Pourtant, un vent vigoureux soufflait à travers une brume épaisse. Il était assez puissant pour déchaîner les eaux alentours. Mais même ce vent ne semblait pas perturber la barque.
L’homme restait dans une position immobile tandis que la barque atteignait sa destination. L’édifice était de pierre et cylindrique, d’un diamètre de plusieurs mètres. Ruiné par endroit, il semblait cependant être capable de résister encore pendant plusieurs décennies, malgré l’âge très reculé qu’on pouvait lui attribuer. De loin on aurait pu facilement l’assimiler à une tour.

Une échelle de fer s’élevait depuis les eaux sur une dizaine de mètres en hauteur. L’homme quitta son embarcation pour commencer l’ascension jusqu’en haut de l’édifice. Dès lors qu’il dénoua tout contact avec l’eau il s’empressa de grimper l’échelle. A ce moment-là l’eau commença progressivement à s’agiter à une vitesse remarquable. En une trentaine de seconde, le temps que l’homme arrive au sommet du bâtiment, la mer était devenu un véritable déluge, envoyant violemment des vagues de plus de deux mètres de hauteurs sur les parois de la tour. Du haut de l’édifice, l’homme remarqua que la barque avait disparue, ou tout du moins il voyait les dernières parties de bois éclatées se faire engloutir rapidement par la mer.
L'homme se trouvait désormais dans un espace circulaire, cernée par de larges crénelures. Deux restes de squelettes jonchaient le sols, recouverts par de vieilles armes et armures en grande partie anéanties. Autour d’eux, des débris de planches de bois. Il s’agissait certainement des restes de la trappe qui donnait accès au trou béant située au milieu de l’espace circulaire.
L’homme s’en approcha prudemment et s’accroupit pour observer plus attentivement la profondeur de l’ouverture. Mais l’obscurité alentour était bien trop importante pour distinguer quoi que ce soit, malgré l’éclatante lueur des deux lunes.
Il s’empara d’un bon morceau de bois à portée de main. Il le tint fermement entre ses mains puis il resta immobile quelques secondes. Durant cet instant, de la fumée s’éleva du bout du morceau de bois qui s’embrasait de plus en plus, jusqu’au jaillissement d’une flamme de bonne envergure. Il plongea le bâton aussitôt dans le trou, afin de préserver le feu contre le vent qui virevoltait férocement autour de lui.

L’espace qu’il éclairait désormais révélait une petite salle demi-circulaire, largement accessible de là où il se trouvait. Sans perdre une seconde, il sauta à l’intérieur de la tour. La pièce présentait une moitié circulaire et une autre moitié constituée d’un mur droit de pierre, où deux emplacement pour torches étaient suspendus. A la droite de ce mur se distinguait une porte de bois encore d’aplomb. L’homme s’y dirigea et l’ouvrit sans difficultés. Ce passage donnait accès à un large escalier en colimaçon. Sans hésitation, l’homme y pénétra et descendit progressivement les marches en direction des abysses. Le froid se faisait de plus en plus sentir et l’humidité était telle que les parois étaient uniformément suintante au toucher. Au bout d’une longue descendante qui dura une bonne dizaine de minute, l’homme trouva enfin une nouvelle ouverture. Il était impressionné par la profondeur du bâtiment et ne préféra pas imaginer le nombre de marches qu’il venait de descendre. Cette tour était d’une hauteur colossale, cela ne faisait aucun doute.

Le nouvel espace dans lequel il venait de déboucher était plutôt restreint, se limitant à un simple couloir qui présentait quelques marches en descente tous les vingt mètres environ. Il ne fallut cette fois-ci que peu de temps à l’homme pour atteindre sa nouvelle destination. A l’issue du couloir s’offrait à lui une modeste salle composée d’objets divers et variés. De nombreux supports destinés aux torches étaient disposés à travers toute la salle. L’homme pris le temps de toutes les allumer. Il éteignit ensuite le morceau de boit qui lui servit de torche et dont la flamme avait commencé à se rapprocher dangereusement de sa main.

L’éclairage redonnait vie à la pièce qui semblait abandonnée depuis des lustres. Au centre de cette salle rectangulaire se trouvait une longue table à manger qui s’étendait sur deux ou trois mètres. A sa droite étaient disposées plusieurs tables de jeu, des sièges et une étagère contenant des instruments de divertissement.
A sa gauche se trouvaient principalement des sièges, cernés par une série d’étagère contenant de nombreux livres. Sans doute un coin de lecture. L’homme en déduisit qu’il s’agissait d’une salle de détente.
Quatre portes parcouraient les murs de la pièce. A côté de l’une d’elle était suspendu un morceau de papier représentant une liste de plusieurs noms, avec des heures précises à côté de chacun. Sans l’ombre d’un doute, l’homme devina que la porte menait à un poste de garde, et que le papier n’était autre que l’organisation des tours de garde. Il en déduisit facilement que les locaux devaient certainement être habités autrefois par un groupe de gardes, destinés à garder quelque chose. Sous sa capuche un sourire commença à se dessiner. Le long chemin qu’il avait parcouru jusqu’ici lui semblait être la bonne direction qu’il avait établie afin d’atteindre son but.
Dans des lieux aussi profonds, dans une zone de la mer si isolée… une structure immensément profonde habitée par une horde de garde ne pouvait que contenir quelque chose d’extrêmement précieux, dont l’importance devait certainement être à l’échelle d’un peuple entier, voir même d’une planète entière…

L’homme ouvrit la port et se précipita dans un nouveau parcours, prenant au passage une des torches qu’il avait allumé. Un minuscule couloir en forme de quart de cercle le mena vers une échelle qu’il escalada rapidement. Arrivé en haut, un autre couloir plus haut et rectiligne le conduisit dans une sorte de petit balcon demi-circulaire, cerné par d’épais barreaux de fer. Une chaise de garde y était disposée. Et derrière ces barreaux… le vide, le froid, l’obscurité totale.
Pour la première fois un sentiment étrange le parcouru. Un sentiment d’incertitude, de frayeur, de stress. Comme d’un geste habituel, il plongea sa main gauche dans la flamme qui émergeait de la torche durant quelque seconde. Sans montrer le moindre signe de douleur, il sépara sa main des flammes. Celle-ci venaient extraordinairement de se doter d’une portion de feu. Lentement il tendis cette même main à travers les barreau, dans l’obscurité. Puis après quelques secondes de concentration, un déchaînement de flamme jaillit en hauteur de cette flammèche, éclairant la quasi-totalité de la pièce qui s’exposait à lui.
L’espace était immense, ressemblant à une gigantesque cavité dont les parois étaient semblables à celles d’une grotte. Malgré l’intensité du feu, on ne distinguait ni le plafond, ni le fond. Mais ce qui intéressait l’humain était surtout ce qui se trouvait au centre. Au sommet d’une colonne de roche dont on ne distinguait pas l’origine était disposait un petite construction en pierre. Sur celle-ci était disposé dans un emplacement précis une pierre noire aux reflets dorés.

Dans un soupir de contentement, l’homme sourit de toutes ses dents. Il avait consacré les six dernières années de sa vie à la recherche de cette pierre devenue au fil des siècles une légende : la Pierre d’Orfactel.
Il avait mis sa vie en péril pour cet objet dans lequel il misait tous ses espoirs. Son peuple vivait des heures terriblement sombres. Et cette pierre était pour lui l’objet qui allait changer le cours des choses, qui allait bouleverser les évènements à avenir et aider à redonner vie à la civilisation quasiment anéantie à laquelle il appartenait.
Il éteignit d’un seule coup la flamme qu’il venait de générer et se décida enfin à enlever son capuchon. Celui-ci dévoila le visage ferme d’un jeune homme aux yeux verdâtres et aux cheveux bruns soigneusement dégradés, qui s’étendaient jusqu’à ses épaules. Il était le dernier d’une longue lignée de puissants mages. Son nom était Farindel.


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MessageSujet: Re: Nagarath   Lun 24 Déc - 15:57

Chapitre 2 : L'Antre du Savant (1)

Le soleil levant illuminait la surface d’un lac qui se trouvait dans un espace de plaine restreint au milieu d’une forêt. A proximité de la lisière se discernait une maison de pierre. De forme carrée, elle s’élevait sur plusieurs étages et sa surface au sol ne devait pas dépasser les cinq mètres carrés. Son toit de chaume pentu laissait apparaître une cheminée de pierre en activité.
Cette demeure était le lieu d’habitation de Korhnoz, un vieux savant plongé constamment dans des écrits historiques et scientifiques. Toute enquête menée sur lui aurait aboutit à la conclusion suivant : il s’agissait d’un fou inoffensif et misanthrope. Mais il en était tout autrement.
Sa maison était garnie d’étagère regorgeant de livres de toutes sortes, de toutes natures. Mais la pièce dans laquelle il se consacrait le plus était son sous-sol, où se trouvait ses archives les plus précieuses... et interdites depuis plusieurs siècles.

Il y était en ce moment même, à la recherche d’anciens manuscrits. Cette salle n’était pas si grande que ça. Le sol instable était constitué de terre. Les murs étaient recouverts de nombreuses petites bibliothèques. Les quelques bougies présentes donnaient une atmosphère mystérieuse et obscure à la pièce, qui ressemblait plus à une cave à vin qu’à une salle d’archives.
Mais Korhnoz s’y plaisait et y passait des journées entières, assis face à un petit bureau dont la surface de bois recouverte de grimoires et d’écrits n’était plus visible. Ce bureau, coincé entre deux bibliothèque était éclairé par deux portes bougies placées au-dessus.
Le vieil homme était vêtu d’une simple toge blanche qui avec l’âge avait pris une teinte beige foncé. Une paire de lorgnons était placé devant ses yeux bleu clair afin d’ajuster sa vue de plus en plus défaillante. Ses cheveux blancs étaient longs, fins, sals, hirsutes et gras accompagnées d’une longue barbe aux mêmes propriétés. Ce vieillard avait sans aucun doute l’allure d’un fou dont le problème sanitaire et l’esthétique étaient bien les derniers de ses soucis. Et il savait que cela n’était que détails, le plus important étant son savoir et ses archives.

Il pris délicatement plusieurs vieux manuscrits à différents endroits de la pièce et vint s’asseoir à sa table de travail. Après avoir ajusté correctement ses lorgnons, il commença à lire le premier document, en très mauvais état mais dont l’encre noire avait réussie à traverser plusieurs siècles, voir plusieurs millénaires. Il était apparemment plus ancien que les autres.
Korhnoz entama attentivement la lecture du document :

"Voilà maintenant un an que nous avons pris quartier sur nos nouvelles terres. Malgré de nombreuses missions d’explorations, nous ne connaissons encore que peu de choses sur ce vaste territoire que nous avons récemment nommé Ornatelia. Nous nous résignons ainsi à vivre dans notre nouvelle capitale, Ornatelis, située dans des hauteurs enneigées que nous contrôlons désormais sans difficultés. Nous sommes parvenus à acquérir une connaissance parfaite de la faune et des lieux alentours qui nous était alors inconnu jusque-là. Mais le reste des terres ne nous ait pas encore familier et reste dangereux. L’expansion de notre royaume ne se fera pas sans difficultés. Il s’agit là de terres mystiques, révélant une biodiversité des plus étranges, voir même des plus effrayantes.

Il y a trois mois de cela, j’ai rendu visite aux Nagars, les grands maîtres de Nagarath. C’était la deuxième fois que j’entrais en contact avec eux. Ces êtres élancés, à la peau grise et ridée, maigres et vêtus de robes noirs me fascinent autant qu’ils m’effraient. Le voyage pour aller à leur rencontre fut fantastique et unique. Il a fallu voyager à travers les cieux sur le dos d’une monture volante qu’ils appellent Nazkji. Le voyage dura un bon moment, jusqu’à ce que j’atteigne leurs cités, en lévitation loin au-dessus du niveau terrestre. J’étais sidéré par la beauté et l’incroyable vision qui se présentait devant moi. C’était comme un rêve. Je voyais des choses qui d’ordinaire semblaient strictement impossibles. Je fut accueilli dans une vaste demeure de pierre blanche. Le grand dirigeant Nagar me sollicita en privé. M’entraînant dans un jardin immense et admirablement riche et diversifié, il commença à me raconter une histoire révélatrice. Une histoire me concernant directement : les origines de mon peuple. Je vais essayer de retranscrire du mieux que je peux de retranscrire les évènements qu’il m’a décrits.

Au départ, Nagarath était une planète dépourvue d’espèce dominante, bien que la vie y était fortement présente. Cependant elle avait une particularité non négligeable : elle détenait une composition atmosphérique et terrestre identique à celle de notre planète d’origine, Azirus (1). Les Nagars m’ont révélé qu’il existait au travers de tout l’univers sept planètes qui étaient de nature identique à Azirus, mais dont l’évolution des espèces était totalement différente. Ces planètes possédaient quant à elle des espèces dominantes de la même manière que nous, les Hommes, avec Azirus.
Nagarath évolua de manière stable, sans changements particuliers, jusqu’à ce que les Nagars, détenant une incroyable magie, débarquèrent sur ce monde grâce à un cheminement tout à fait original. Sur leur planète d’origine, Nagorth, ils découvrirent un accès qui, une fois franchit, transporté quiconque vers Nagarath. Cette découverte changea à jamais leur destinée.
Partout sur Nagarath, ils découvrirent six autres portes qu’il nommèrent les Portes Intermondes. Ils se donnèrent dès lors pour objectif d’explorer ces six mondes, dont Azirus. Rapidement ils comprirent que Nagarath n’était pas une planète comme les autres : c’était le carrefour de sept grands peuples vivant dans les mêmes conditions écologiques.
Au fils des années une grande partie du peuple Nagars vint s’installer définitivement sur Nagarath, dans des cités aériennes en lévitation, à l’image de leur mode de vie sur Nagorth. Et ils se donnèrent un but ultime : réussir à réunir tous ces peuples sur Nagarath de manière pacifique.

Selon leur propos, ils arrivèrent sur Azirus à une époque où les hommes se comportaient encore comme des nomades et des barbares. Ils différencièrent deux espèces d’hommes, l’une nous ressemblant, l’autre plus petite, plus robuste et présentant des capacités intellectuelles plus reculées ; on les appelait les Kersen (2). Un envoyé Nagar se chargea d’offrir un talent magique à quelques uns de ces hommes. Ou plutôt ils activèrent une zone de notre cerveau capable d’acquérir cette magie. Cette aptitude se transmit de génération en génération mais ne concernait pas toute la population. Un minorité possédait cette capacité.
Sur Nagarath les Nagars attendirent pendant des dizaines de milliers d’années. Tandis que de nombreuses espèces avaient déjà rejoints les terres de Nagarath, les Hommes s’occupaient à guerroyer férocement, entre les Kersen et les Hommes de notre espèce. Tout deux usaient d’une magie redoutablement développée au fil des millénaires. Cette guerre n’avait jamais de repos et les Nagars attendaient toujours les vainqueurs, c’est-à-dire les hommes qui par la ruse, la force et la capacité à utiliser la magie se seraient montrés supérieurs. Des batailles avaient lieux à travers le monde entier, des alliances se forgèrent, se dénouèrent, jusqu’à la formation de deux puissants empires rassemblant les deux Hommes en deux camps respectifs. La magie utilisée était telle de des millions d’hommes finirent par tomber chaque jours. Mais également des femmes et des enfants.

C’est maintenant à moi de poursuivre l’histoire. J’étais là à la fin de cette guerre. Je menais de nombreux combats. J’étais à la tête de cet Empire. Après une ultime bataille où nous faillirent tous nous entretuer, la victoire fut nôtre. Cette guerre interminable avait pris fin. J’étais celui qui a réussi à y mettre un terme. Notre monde était ruiné, de nombreuse espèces de notre écosystème avaient été réduites à néant. Nous n’étions plus qu’une dizaine de milliers d’hommes à avoir survécus. Nous étions les survivants, les meilleurs, les plus forts. C’étaient nous que les Nagars attendaient, les meilleurs hommes pour Nagarath.

Tandis que nous n’avions plus de quoi nous nourrir et nous loger, des tensions montèrent au seins du peuple que je devais non plus mener à la victoire, mais administrer. Alors que des clans recommençaient à se former, un Nagar refit apparition et me proposa de mener mon peuple vers d’autres terres, vers un autre monde où nous pourrions revivre de manière pacifique, user de nos science pour le bien. J’étais effrayé par ce personnage, cet être venu d’ailleurs, mais il m’inspirait confiance. Sur Azirus, nous n’avions rien. Il m’offrait la possibilité de ramener l’ordre et la paix sur des terres dignes de nous. J’ai accepté.

Un dernier voyage nous mena jusqu’à un endroit isolé, vers une porte indiquée par le Nagar. L’existence de cet accès n’avait jamais été découvert. Bien que plusieurs d’entre nous moururent de faim et de maladie pendant le voyage, malgré les soins apportés par nos guérisseurs, nous parvinrent à l’entrée de cette porte qui se présentait par deux colonnes de pierres en ruine, au beau milieu d’une forêt.
Nous fûmes dix milles à quitter nos terres ravagées. L’Homme d’Azirus n’était plus. Le voyage fut si étrange que je n’ai pas de mots adaptés pour le décrire. Je peux seulement dire qu’en quelques secondes nous débouchèrent sur des plaines enneigés bornés de montages. L’endroit qui allait devenir Ornatelis."

Ornatel, 1er Roi des Hommes de Nagarath.


Korhnoz releva les yeux. Son regarde visait le vide. Il resta pensif pendant quelques seconde. Sa main droite caressait sa barbe tandis qu’il s’apprêtait à lire le second manuscrit qui se présentait à lui.

_____________________________________________________________
(1) Azirus était le nom que les hommes de cette époque donnaient à la Terre.
(2) Les Kersen sont en réalité les Hommes de Néandertal.


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MessageSujet: Re: Nagarath   Dim 30 Déc - 17:54

Chapitre 3 : La Quête du Mage (2)

Farindel était un homme de bonne carrure et son mètre quatre-vingt-douze n’en atténuait pas moins cette impression. Il possédait des bottes noires dont la matière se rapprochait fortement du cuir. Un pantalon constitué d’un textile épais et de couleur bleu nuit montait jusqu’à un épaisse ceinture noir où une dague était pendue à sa gauche. A droite de cette ceinture divers gadgets étaient attachés tels qu’une petite besace ou encore deux petites fioles contenant des liquides douteux. Le haut de son corps était vêtu d’une simple tunique en tissus léger noir. Un col de cuir grisâtre et des manches en côte de maille étaient cousus dessus. Les manches s’étendaient jusqu’à des brassards en métal et de teintes foncées, certainement dû à l’usure et l’oxydation. Ceux-ci étaient bornés de contours dorés et incrustés de symboles étranges. Nul doute qu’il s’agissait d’une protection de valeur. Par dessus cette tunique était enfilée un épaisse robe ouverte de cuir foncé et salie, reliée par des ficelles. Elle était enveloppée par sa ceinture et ne descendait guère plus bas. Pour terminer, une large cape noire dotée d’un capuchon enveloppait une grande partie de son corps.

La mage était directement revenu sur ses pas. Il avait prit le temps de visiter chacun des quatre autres locaux qui étaient embranchés depuis la salle de repos. Les gardes disposaient autrefois d’une cuisine, d’un dortoir, d’une armurerie et d’une salle d’archive. La salle de combat, ou armurerie, regorgeait d’armes encore intacts. Faute de place dans son inventaire, Farindel fut navré de devoir les laisser sur place lorsqu’ils devraient quitter les lieux.
La pièce dans laquelle il s’attardait actuellement était la salle d’archive, où quelques nouvelles d’antan étaient racontés. Durant plusieurs heures il passa en revu de nombreux documents qui lui permit d’en savoir plus sur l’édifice, et plus particulièrement sur la pierre. Mais l’humidité qui régnait avait effacé bon nombre de manuscrits. Il avait cependant réussi à tirer profit de plusieurs informations très intéressantes.
Il mit la main sur un petit livre ressemblant fortement à un journal, écrit de la main d’un garde et où l’écriture était encore lisible. Après quelques minutes passées à le feuilleter il s’arrêta à une note intéressant. Il apprit qu’autrefois un pont de pierre étroit permettait de traverser le gouffre qui séparait l’endroit où se trouvait la pierre d’une porte percée dans la roche. Il nota également le fait que trois autre postes de gardes semblables à celui d’où il avait vu la pierre étaient disposés tout autour du gouffre.
Ainsi, à l’encontre de ce qu’il croyait, il n’avait pas visité la totalité de la tour. Des passages plus discrets devaient certainement mener à ces endroits. Il termina de survoler le journal et ne trouvant rien d’autre que des comptes rendus de journées passées à l’armurerie ou aux jeux, il le déposa délicatement dans un recoin de la table. La pièce des archives était petite en profondeur mais était cependant très large, avec une longue table en bois massif qui s’étendait d’un bout à l’autre des deux murs qui cernaient la pièce, situés à une dizaine de mètre l’un de l’autre. Six chaises étaient positionnées le long de la table. Egalement de bonne profondeur, celle-ci accueillait au-delà de l’espace de travail d’innombrable petits casiers, séparés les uns des autres et à l’intérieur desquels se trouvaient de nombreux manuscrits, la plupart pourris par l’atmosphère défavorable qui régnait dans les locaux. Farindel interpréta cette pièce comme un lieu où les gardes venaient régulièrement écrire des journal, des lettres, des rapports et autres manuscrits et disposaient chacun de leurs casier de rangement.

Ne souhaitant pas s’attarder plus longtemps à l’observation des lieux, le mage se remit à la recherche de parchemins intéressants. Il passa près de trois heures à fouiller à droite et à gauche. Il réussi à récolter quelques documents qui pouvaient lui sembler intéressant et, malgré la fatigue, il pris le temps de les lire attentivement, jusqu’à poursuivre de nouveaux d’autres recherches, n’étant pas satisfait de ce qui venait de trouver.
Quelques minutes plus tard, il tomba sur un manuscrit, plus récent que les autres qui lui donna un indice sur l’un des problèmes majeurs qu’il essayait de résoudre : la raison de l’absence de gardes depuis des siècles. Il relit plusieurs fois le texte :

"Une légende dit que la Pierre d’Orfactel est protégée par des entités magiques et que seule la main du roi serait dans la possibilité de s’en emparer sans provoquer leur courroux. C’est bien parce qu’il s’agit d’une légende non vérifiée que depuis des siècles quinze gardes sont là pour la surveiller sans répit, un œil toujours posé sur elle. Mais il semble que notre groupe de quinze eut été le dernier. Aujourd’hui nous ne sommes plus que deux.
Des évènements étranges et sinistres se sont passés depuis un certain temps. Voilà un mois que nous n’avons plus de nouvelles de la capitale. Nos lettres n’obtiennent aucunes réponses et pire encore, nous ne sommes plus approvisionnés. En trois semaines nos réserves furent épuisés et nombreux d’entre nous sont tombés, mort de faims ou de folie, auquel cas nous fûmes obligés de les achever. Nous sommes bloqués ici, au beau milieu de cette mer sans embarcation de secours. Nous ne savons pas ce qui se passe, des choses graves ont dû arriver à notre peuple ou alors il s’agit d’un acte de trahison, ce que je n’ose pas croire.
Nous souffrons terriblement. Sur les quinze gardes encore en vie il y a deux semaines, six se sont suicidés dans le gouffre, trois sont tombés dans la folie et quatre sont morts par manque de forces. Par problème sanitaire, nous dûmes les balancer dans le gouffre.
Il s’agit certainement des derniers mots écrits dans cette tour. Je m’affaiblis et mes forces restantes me serviront certainement à remonter une dernière fois cet interminable escalier afin de rejoindre mon dernier camarade en haut de la tour. Cette mer ne nous offre rien à manger et cette eau salée n’arrive pas à satisfaire notre soif.
Bien que pour moi mon rôle ici n’a jamais vraiment eu de sens, je mise mes espoirs sur cette légende, sans quoi la Pierre d’Orfactel risque d’être perdue à jamais."


Et la pierre était toujours debout, de même que cette tour qui a survécu aux siècles qui ont suivis la mort de ces deux hommes. Farindel en déduit qu’il devait s’agir des deux squelettes qu’il avait vu en arrivant à la tour. Triste sort en effet… Mais il ne devait pas s’attarder sur les émotions que pouvais transmettre ce texte.
Il n’avait désormais plus d’information importantes à savoir et le temps lui était compté. Il lui fallait prendre cette pierre par tous les moyens et en ressortir vivant.
En tant que mage, cette légende lui paraissait être véridique ; un puissant enchantement pour un tel objet ne l’étonnait pas. Il quitta rapidement la salle des archives et chercha les issus qu’il aurait pu manquer. Bien que ce n’était pas mentionné dans son écrit, le garde avait dû cacher tout accès à la pierre. Celle-ci se trouvait en bas, il y avait donc de forte possibilité pour que l’accès se trouve dans le sol. Farindel s’appliqua. Il s’agenouilla et plaqua ses mains contre les dalles de pierre.
Il était parmi la minorité des Hommes de Nagarath à avoir accès à une partie de son cerveau qui lui offrait la capacité d’utiliser un don magique. Son pouvoir était puissant et lui permettait de contrôler n’importe quel élément que ce soit l’eau, le feu, la terre, la roche ou un quelconque matériau par simple contact des mains. Bien sûr cette maîtrise demandait beaucoup d’entraînement et même encore il n’était pas au point dans certains domaines.
Les mains plaquées au sol, il sonda la roche quelques secondes avant d’y percevoir une faiblesse, une brèche. Celle-ci provenait de la salle d’entraînement. Sans perdre de temps il s’y précipita. Une fois dedans, il recommença la manœuvre. La recherche de cette faille le conduisit nez à nez avec une imposante malle. Se remettant sur ses pieds il tenta de déplacer le coffre mais apparemment il contenait un inventaire bien trop lourd pour pouvoir être soupesée par la simple force d’un homme.
D’un contact rapide avec le bois, Farindel parvint à briser la malle en plusieurs fragments, laissant apparaître de nombreuses armes lourdes diverses et variées. Ne voulant pas aller jusqu’à fondre de si belles et anciennes armes par simple fainéantise, il prit le temps de les déplacer une par une. Et il ne s’était pas trompé. Après ce travail terminé, il venait de dégager l’accès à une cavité carrée, guère plus large que lui et obstruée par une petite porte métallique verrouillée à l’aide d’un imposant cadenas. Il s’empara d’une hache située à proximité et d’un geste vif il trancha le verrou. Il ouvrit ensuite la porte et, sans hésiter, sauta à travers l’ouverture.

Il se trouva à nouveau dans l’obscurité totale. Sauf que cette fois-ci il n’avais pas de bout de bois à portée de main et l’air était terriblement humide. Bien que cela ne l’enchantait guère, il dû prendre dans sa besace une petite branche d’arbre parmi beaucoup d’autres. En une fraction de seconde la brindille disparue sous l’effet de la combustion, à cause de la flamme que venait de générer la main de Farindel. Bien que cela puisse paraître facile à vue d’œil, cette simple application de sa magie consommait de son énergie à l’affaiblissait à petite dose. Sur une longue durée cela pouvait avoir un impacte gênant, surtout si il devait se trouver nez à nez avec un quelconque ennemi ou face à ces gardes légendaires. C’est pourquoi cela ne lui plaisait guère, mais il lui fallait malheureusement de la lumière pour pouvoir continuer son parcours.
A sa gauche, un longue couloir rectiligne le menait vers une ouverture et à sa droite un autre couloir montait continuellement. Ce dernier devait mener aux autres postes de gardes, tandis que celui de droite devait mener au pont en direction de la pierre. Farindel s’y engagea.
En effet, après à peine une minute de marche, il se trouva face au vide, au seuil de l’ouverture qui aurait du déboucher sur un pont. Mais il se trouva sur celui-ci n’était plus, ou tout du monde il s’étendait sur un mètre puis s’arrêtait net. Vu son étroitesse il n’avait pas dû résister bien longtemps après la disparition des gardes.
Au bonheur de Farindel, deux torches étaient flanquées de chaque côté de l’ouverture. Il y déposa son feu. Constituées d’un matériau étrange, les torches provoquèrent des flammes plus intense qu’habituellement, dévoilant au loin la lueur de la Pierre d’Orfactel.

Il avait bien réfléchi. Si cette légende était bien vraie, il se devrait de faire face à ces gardes. Il ne voyait pas d’autre possibilités.
L’air était frigorifiant dans cette immense cavité. Heureusement pour lui, Farindel n’avait pas peur du vide loin de là. Sûrement en partie à cause de sa maîtrise de l’air. En provoquant une bonne rafale de vent il pouvait s’éviter toute chute mortelle, à condition d’être conscient et apte à utiliser sa magie durant la chute… C’était d’ailleurs la seule solution qu’il trouva dans l’immédiat pour franchir le vide qui le séparait de la colonne supportant la pierre.
Bras écartés, les yeux fermés et son concentrant intensément, le mage transforma progressivement l’air frais alentour en une vent glaciel puissant et concentré sous ses pieds, entre lui et la pierre. C’était un des éléments dont il avait le plus de mal à contrôler de par un contact des mains trop vague et donc une maîtrise confuse.
Invisible, le souffle du vent sifflait et raisonnait à travers toute la cavité. Inspirant une grande bouffée d’air, dans un élan sans crainte, le mage se laissa basculer dans le vide. La puissance du vent généré l’amortit aussitôt, ondulant violemment ses vêtement et dressant sa capte quasiment à la verticale.
Il le sentait, son énergie diminuait au fur et à mesure que le temps passait. Poussant cri dû à un effort soudain, une violent poussée d’air le projeta directement sur le pilier, son ventre frappant la bordure du socle où se trouvait la pierre. Il pris quelques minutes pour reprendre son souffle, les yeux toujours fermés. Lorsqu’il les ouvrit de nouveau, son regard se posa directement sur un objet ovoïdal, luisant et noir. Des éclats dorés semblaient s’y propager à travers de une noirceur profonde et à la fois translucide. Même son souffle haletant n’arrivait pas à perturber l’éclat de l’objet qu’il avait recherché pendant six ans : la Pierre d’Orfactel, objet de légende depuis des siècles et outil d’un roi aujourd’hui oublié.
Farindel se redressa. L’espace circulaire de la colonne était très restreint. Le mage ne disposait que de deux mètres d'intervalle entre le bord de la colonne et l’assise du socle, richement sculpté et haut d’un peu plus d’un mètre. Le cœur du mage s’accélérait au fur et à mesure qu’il allait mettre ses pensées à exécution. Son bras était tendu en direction de la pierre, ses doigts situés à quelques centimètres de l’objet qu’il convoitait.
Il resta dans cette position pendant quelques secondes puis, dans un geste décisif il s’en empara vivement et la retourna dans le creux de sa main. Presque aussitôt un bruit sec et crépitant se produisit, au moment même où toute luminosité disparaissait. Il se retourna et eu le temps d’apercevoir, à travers une luminosité quasi-absent, les dernières lueurs des braises des flambeaux qu’il avait allumé quelques instants plus tôt.

La pierre se mit soudain à briller intensément, projetant un scintillement doré éclatant. L’éblouissant que Farindel subissait l’obligea à reposer la pierre à l’aveuglette sur son socle et de s’en éloigner. Durant un fraction de seconde il oublia l’espace restreint dont il disposait et, ayant trop reculé, se sentit perdre l’équilibre au-dessus du vide.
Mais, étonnamment, son pied qui allait basculer dans le gouffre rencontra quelque chose de solide, de plat. Toujours dans son déséquilibre, Farindel recula encore de quelques pas avant de retrouver une stabilité normale. Reprenant une vue correcte, il pencha ses yeux vers le sol. Il se trouvait au-dessus du vide, sur un espèce de sol invisible parcouru par des faisceau bleutés ondulants à travers tout l’espace.
Il releva les yeux et vit que l’intensité de la lumière générée par la pierre éclairait la totalité de la cavité, ou tout du moins les parois alentours. Le lieu obscur c’était tout à coup transformé en une pièce souterraine lumineuse.
Des lueurs bleutés de ce sol s’élevèrent tout autour de lui à hauteur d’homme. Farindel devina la suite et dégaina sa longue épée du fourreau qui se situait derrière son dos, sous sa cape. Celle-ci était imposante, semblable à un claymore et richement incrustée de symbole. Farindel parvenait cependant à la maintenir d’une main sans difficulté. De son autre main il enleva sa cape qui s’étendit au-dessus du vide, sur le sol limpide et saisit de nouveau la Pierre d’Orfactel de cette même main.
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MessageSujet: Re: Nagarath   Jeu 8 Mai - 13:15

Chapitre IV : L’Antre du Savant (2)

Le document datait d’environ six siècles après le précédent. Ou tout du moins c’est ce qu’en déduit Korhnoz après avoir analysé avec précaution le papier. L’écriture était bien moins élégante que celle du premier manuscrit, qui avait été écrit de la main d’un roi. Le texte s’avérait moins long à lire que le précédent. Ajustant de nouveau ses lorgnons, il entama une nouvelle lecture.

« Voilà maintenant plusieurs siècle que nous essayons d’en savoir plus sur ce monde. Après notre arrivée sur cette terre, ou plutôt cette île gigantesque, les Hommes de Nagarath étaient livrés à eux-même. Le Roi ne rencontra plus jamais les Nagars et ses hommes durent se lancer à la découverte de ce monde sans aucune données précises. Une nouvelle aventure s’était offerte à eux, et la solidarité quelque peu aléatoire qui avait régnait au sein des survivants revint plus forte que jamais face à l’hostilité de ces terres inconnues. Aux début, ce monde les effrayait et ils restèrent cachés pendant plusieurs mois à l’intérieur de vastes plaines enneigées, elles-même encerclées par de puissantes chaînes de montages. Non loin de l’endroit d’où ils étaient sortit de l’autre monde, ce milieu possédait un climat hostile mais sûr. Ornatel avait pris soin d’explorer pendant plusieurs moi les alentours et avait disposés de nombreux soldats de part et d’autre de la zone habitée. Parfois d’étranges créatures issues des montagnes venaient harceler leur camp. Mais ils s’agissait la plupart du temps d’êtres inoffensifs. Dans le cas contraire, les hommes se trouvaient être en nombre suffisamment grand pour contrer les menaces.
La nourriture était pauvre et la population commençait à sombrer dans l’infamie. Il fallait non seulement étendre les zones de chasses mais aussi parvenir à explorer ces terres pour disperser la population, pour le bien être de celle-ci. A l’aide d’une force de 2000 soldats, Ornatel finit par partir à la conquête du monde, laissant le reste du peuple sous le contrôle d’une élite militaire. Pendant quinze ans le roi ne revit pas les terres enneigées. Des groupes de soldats revenaient régulièrement sur le campement afin d’assurer petit à petit des transfert de population vers des zones sûres et contrôles par ces même soldats de manière permanente. Ces différentes zones faisaient l’objet de campement, puis de villages qui portaient le nom des généraux ayant la responsabilité d’assurer la gestion des groupes humains. Ces noms furent conservés jusqu’à aujourd’hui, tels que la ville d’Uzirch, Kadma ou encore Tasosca pour ne citer qu’elles.
Mais tandis que le peuple connaissais une amélioration de son niveau de vie et un développement considérable, le roi et ses troupes diminuaient au fur et à mesure qu’elles étaient destinées à la surveillance des villes. Malgré cela ils continuaient à avec acharnement la colonisation des terres. Nous ne savons que peu de choses au sujet des évènements relatant l’exploration de l’île. Nous savons seulement qu’Ornatel, une fois avoir achevé sa progression est remonté avec le restant de ses homme sur les terres enneigées. Le campements qu’il avait connu avait fortement évolué depuis sont départ quinze années plutôt. Des remparts avaient étaient mis en place, et de nombreuses habitations de pierres logeaient les habitants en grande partie. La population l’acclama à son retour. Mais le roi ne resta guère longtemps dans cette ville qu’il nomma à la va-vite ‘Ornatelia’. Il en fit la capitale et donna de nombreuses directives et projets de constructions au dirigeant qui allait de nouveau le remplacer. Beaucoup d’entre eux dirent que son physique avait perdu tous ses traits de noblesse, ne laissant apparaître qu’un homme hirsute désintéressé par son statut de Roi. Durant cette courte période où il resta à Ornatelia, il eut une brève liaison avec une femme dont on ignore toujours l’identité. Nous savons seulement qu’elle donna un fils, Ordvel, qui était ainsi le seul héritier d’Ornatel. Mais pris de passion pour ce monde et ses trésors, le Roi repartit deux moins plus tard, avec les mêmes hommes qui l’avaient accompagnés de son départ jusqu’à son retour. Ils n’étaient au total plus que deux cents. Ils repartir cette fois-ci vers le nord. Plus personne ne revit le roi depuis ce jour. Seuls trois soldats revinrent discrètement à la capitale, ne souhaitant pas parler des évènements relatés durant le voyage. Cette histoire pris au fur et à mesure des allures de légendes. Tandis que les témoignages des vieux soldats épuisés se limitaient à dire que le Roi et le restant de ses Hommes furent tués lors d’une avalanche, d’autres préféraient croire à une mort plus glorieuse. Ce qui laissa échapper bon nombres de récits sur ce Roi aux origines bien connus, mais laissant derrière lui bien des mystères sur sa fin. Une rumeur disait qu’un de ces trois soldats avaient écrits un livre relatant le récit complet de ce voyage inconnu. Mais ce livre finit lui aussi par faire parti de la légende.

Parmi les trois survivants, l’un d’entre eu était le biologiste du Roi, qui analysa les premières formes de vies rencontrées sur Nagarath. C’était le prélude à l’exploration d’un monde nouveau, étrange et parfois effrayant. Depuis maintenant six siècles, les renseignements concernant la faune de Nagarath et les peuples majeures qui la constituent devinrent de plus en plus précis. Des explorations furent menés à travers le monde entier et même encore de nombreuses données sont encore ignorées. Ce premier roi de Nagarath reste le plus légendaire. Mais parmi les éléments véridiques de son histoire, une chose est à retenir : lui et ses fidèles généraux ont réussi à amorcer les prémices d’une puissante civilisation humaine et ont brillamment assuré la survie de ce peuple meurtrie par les guerres dévastatrices qui ont eu lieu sur Azirus.


Nornozel, chef biologiste de la Maison des Sciences d’Orfactelia.


Korhnoz arrêta la lecture. La suite du manuscrit présentait un récapitulatif décrivant les huit espèces habitants Nagarath, à savoir les Nagars, les Hirponos, les Caleotes, les Hoventales, les Paelegs, les Ferasaxens, les Kardeos et enfin les Hommes. Il ne pris pas la peine de s’étendre sur cette suite de document. Ce qui l’intéressait actuellement ne concernait que les Hommes. Il déposa le manuscrit dans un coin du bureau et passa à un autre document.
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MessageSujet: Re: Nagarath   Jeu 8 Mai - 14:06

Chapitre V : Un génie parmi les ombres (1)

La nuit approchait. Le soleil couchant illuminait le sol sal et luisant d’une rue pavée, cernée par des bâtiments de pierre en partie effondrée. Une odeur nauséabonde régnait dans ce sinistre lieu. Ce décor n’était qu’un exemple de ce à quoi ressemblait désormais Orfactelis, ancienne capitale des Hommes de Nagarath. La splendeur et la gaieté de cette cité avait aujourd’hui disparu depuis plusieurs siècles. Ses anciens habitants, fiers et prospères, n’étaient plus. Seul le centre de la ville pouvait aujourd’hui jouir d’un entretient correct, là où logeait et régnait un roi terrible et sa cour.
Pourtant, bien que les alentours ressemblait plus à un lieu ravagé et hanté qu’autre chose, une foule de personnes animait densément cette rue. Des flambeaux aléatoirement fixés entre quelques pierres vacantes qui constituaient les fondements des habitations étaient la seule source lumineuse de la ruelle.
Chose étonnante, malgré la densité de personnes parcourant cette rue, celle-ci restait plus ou moins silencieuse. Le bruit des pas et les chuchotements étaient les seuls sons qui émanaient de cet endroit. Les habitants étaient misérablement vêtus pour la grande majorité d’entre eux. Les expressions de leurs visages variaient d’un individu à l’autre, mais aucune d’elles n’étaient rassurantes. Des regards sombres, paniqués, méfiants, inquiets… certains s’efforçaient justement de dissimuler leurs yeux à l’aide de larges capuches. Seuls les marchands parvenaient à donner un peu de vie à ce coin sinistre. Le fait de tenir une boutique dans un quartier aussi mal famé relevé purement du courage, voir même de la folie. Pourtant il y en avait une bonne dizaine ici, exploitant des marchés aussi différents les uns que les autres. Ces commerçants, bien que douteux pour la plupart d’entre eux, méritaient le respect rien que pour le fait de mettre leur marché voir leur vie en péril chaque jour, face à une population si hasardeuse. Ou tout du moins c’était l’avis d’Endel, qui se dirigeait droit vers un petit commerçant qui l’accueilli avec un large sourire. L’homme était petit, trapu, chauve et possédait une épaisse moustache. Il avait l’air sale avec son tablier blanc qui avait viré au marron et sa peau qui luisait à la lumière restante du jour. Malgré un œil gauche en moins, il fixa intensément de son autre œil l’individu qui était venu lui rendre visite.
Endel était un jeune homme de vingt ans qui avait un corps élancé, d’une taille d’un mètre quatre-vingt-un. Ses cheveux, ni trop longs ni trop courts, était d’un blond obscur et ondulaient légèrement jusqu’en dessous de ses oreilles. Sous sa toge était dissimulée une simple épée, l’élément le plus vital et indispensable lorsqu’on fréquentait un quartier pareil.
Il se plaça devant le comptoir du magasin qui débouchait sur l’extérieur depuis une ouverture dans le mur de la maison du marchand. La boutique était à moitié fermée, signalant que le marchand, bien qu’encore présent, n’était plus disposait à accueillir sa clientèle. Celui-ci était spécialisée dans la vente de vieux produits de récupération, une sorte de brocanteur. Un sacré marché, certainement celui qui tournait le plus dans le coin et qui curieusement présentait le moins d’accrochages.

Le marchand, bien que souriant à l’approche d’Endel, semblait épuisé et désemparé.

- Que se passe-t-il ? demanda Endel sans prendre la peine de dire bonjour au commerçant qu’il semblait bien connaître.
- Ma machine à compter ne fonctionne plus… dit-il en désignant une imposante structure de bois et de métal d’un peu plus d’un mètre de haut, doté de nombreux boutons et qui, après avoir établie les bonnes combinaisons, semblait pouvoir donner le résultat juste d’une addition, d’une soustraction ou d’une multiplication.
- Ah oui je vois… vos fameuses machines indispensables qui marchent une fois sur deux.
- Ma machine marche très bien ! s’exclama le marchand qui venait de s’affaler sur son fauteuil derrière le comptoir, sur les nerfs. Enfin elle marchait très bien…
- C’est risqué de faire confiance à un engin si peu fiable tu sais.
- Comment veux-tu que je m’y prenne autrement ? Tu n’a pas idée du nombre de ventes que j’établie par jour. Si je me mettait à faire mes comptes à la main, crois moi que je ne dormirai plus !
- C’est pourtant la seule solution qui s’offre à toi il me semble... en attendant que ta machine soit réparée.
- Endel, dit le marchand en rigolant légèrement, mes carnets de comptes se remplissent en un rien de temps, le nombre prix à additionner est colossale !
- Je sais que ton commerce est un véritable succès et que tu tiens à ce que tes comptes suivent… Peut-être pourrais-je t’aider ?
- J’y ait pensé. La dernière fois que tu m’a réparé quelque chose j’avoue avoir été impressionné.. mais il s’agissait seulement de ma serrure !
- En attendant, tu était incapable d’agir, ricana Endel.
- Ecoute fiston, une machine à calculer comme la mienne ne peut être consulté que par des vraies spécialistes.
- Je n’ai pas dit que j’avais l’intention de réparer ton engin ambulant, même si je m’en sens tout à fait capable. Je pourrait seulement regarder ton livre de compte… y jeter un coup d’œil et te calculer tout ça.
Le marchand explosa de rire.
- Fais moi voir ce carnet, insista Endel.
Le commerçant après s’être calmé, tendit le carnet à Endel, tout en continuant à ricaner dans sa moustache. Après que ce dernier lui ait indiqué la page où commençait les calculs, Endel commença à lire à la chaîne les prix qui se suivaient verticalement. Il y avait des chiffres positifs, dus aux ventes mais aussi des chiffres négatifs qui correspondaient aux achats du brocanteur. Il fallait retirer du calcul ces derniers afin de calculer les bénéfices du mois.
- C’est vrai qu’il y en a beaucoup…
- Allez Endel arrête de faire le pitre ! A quoi tu joues à une heure pareil ? Je ferme définitivement dans une petite quinzaine de minutes. Donc rend-moi ce carnet et évite de te prendre pour ma machine à compter.
- Je ne me comparerait jamais à ta machine, ce serait m’insulter. Tu aura tes comptes dans quelques minutes, laisse moi seulement me concentrer.
Le ton sérieux que prenait Endel dévisagea le marchand qui fronça les sourcils. Ce dernier retourna s’asseoir incrédule et attendit patiemment, fixant les bibelots qui envahissaient sa boutique.

Endel était en train de lister cette longue série de prix. Les chiffres qu’il visionnait s’accumulaient dans son cerveau qui les mémorisait tous. A chaque fois qu’il passait d’un prix à l’autre, il effectuée l’opération nécessaire, une addition ou une soustraction. Il mis à peine une dizaine de seconde avant de tourner la page pour poursuivre ses calculs. Dans son esprit, ceux-ci se faisaient presque automatiquement. Il parcourait le carnet du marchand avec une aisance déconcertante. Au bout de deux minutes, Endel referma le cahier de comptes et le rendit au commerçant, qui le repris en regardant le jeune homme avec un drôle de regard.
- Tu as fais un bénéfice de neuf mille quatre-vingt-quatre nosters (1). C’est pas si mal !
- Tu me prends pour un imbécile, commença à penser le marchand.
- Pense ce que tu veux, mais je serai toi, je n’essayerai pas de vérifier, ces calculs sont sûrs à cent pour cent.
- Endel… aucun homme ne peux calculer une telle quantité de nombres aussi vite.
- Tu en connais un maintenant. Bonne nuit l’ami, je dois rentrer chez moi, les assassins et les bandits vont commencer leur journée et je ne tiens pas à faire chemin avec eux.

Après avoir lancé un clin d’œil au marchant, Endel poursuivit sa route tandis que le commerçant continuait à le regarder s’éloigner d’un air ébahi, ne savant pas s’il fallait rire ou s’il fallait prendre pour un exploit ce que venait de faire le jeune homme. Quoiqu’il en soit, il ferma aussitôt sa boutique.

Endel, tout en marchant, se concentrait pour évacuer tous ces chiffres qui affluaient encore dans son esprit. C’est un exercice qu’il avait appris à maîtriser de mieux en mieux. Depuis tout jeune il avait en sa possession une mémoire extraordinaire et possédait une intelligence au-delà de la normale, il en était bien conscient. Cependant il en souffrit pendant de longues années, ne savant pas comment éliminer tous ces éléments qui s’accumuler dans sa mémoire et qui le hantait jusqu’à en perdre la tête. Mais avec le temps et l’expérience, il arrivait désormais à vivre tranquillement, pouvant se débarrasser des souvenirs récents qu’il avait assimilés. Cependant il savait au fond de lui qu’il ne pourrait jamais effacer ces souvenirs mais seulement les refouler. Vivre dans l’état d’esprit d’une personne normale lui était encore difficile. Chaque élément qu’il percevait restait gravé dans son esprit. Tout ce qu’il avait vue et entendu dans sa vie était resté stocké dans sa mémoire. Maintenant qu’il parvenait à ne plus souffrir de ses capacités mémorielles, il s’inquiétait sur la question suivante : jusqu’à quand pourrait-il stocker toutes les informations qu’il voyait au cours de sa vie ? Son cerveau allait-il finir par se dérégler et le rendre fou ? Il savait qu’il ne pourrait pas enregistrer éternellement tout ce qu’il vivait.


Dernière édition par Krail le Jeu 8 Mai - 14:13, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nagarath   Jeu 8 Mai - 14:06

La ville était définitivement plongée dans l’obscurité lorsqu’il arriva au pas de sa porte. Il sortit d’une large poche un trousseau de clef et sélectionna l’une d’entre elles. Il pénétra à l’intérieur. La pièce était faiblement éclairé par plusieurs bougies disposées à des endroits bien précis, de façon à l’éclairer le mieux possible avec le peu de matériel dont il disposait. Endel était une personne très économe.
Comme il s’en doutait, son père l’attendait, assis dans un fauteuil au milieu de la pièce qui constituait la pièce principale de la maison. Bien qu’âgé, on pouvait facilement deviner qu’il était autrefois un homme de haute taille de bonne carrure. Ses cheveux blancs étaient court et une épaisse barbe parcourait son visage affecté de quelques cicatrices. Il lui manquait une oreille et ne possédait plus de dents. En ce moment même, son visage était dur et ses yeux fixaient intensément Endel qui s’arrêta à la porte d’entrée.
- Tu es encore rentré tard, déclara-t-il gravement à son fils.
- Les jours se rallonge, la nuit tombe de plus en plus tard… il est d…
- Ne joue pas aux petits savants ! La nuit est tombé depuis déjà un bon moment ! La boutiques sont toutes fermées tu n’a plus rien à voler.
Endel se résigna. Il était vrai que ce soir-là, il avait entamé un détour trop important pour pouvoir espérer rentrer à l’heure. Et les derniers mots de son père le touchèrent plus ou moins. En effet, il était un voleur. D’ailleurs toutes la maison était en grande partie décorée d’objets volés par lui-même… Des objets de valeurs qui avaient survécus à la sombre époque qui s’était établie il y a maintenant un long moment. Son père était parfaitement conscient du potentiel d’Endel et n’hésitait à l’exploiter avec excès. Il avait fait d’Endel un voleur rusé. Tous deux n’avaient aucun travail et le vole d’argent et de richesses était leur pilier de survie. Mais Endel, avec la maturité, commençait à détester cette activité, surtout quand il s’agissait de duper des personnes aimables.
Un long silence s’établit entre les deux personnages, avant que le père ne reprenne son discours.
- Je ne veux plus que rentre si tard, c’est bien clair ? Souhaites-tu te retrouver parmi la liste des nombreuses personnes qui meurent assassinées ou disparaissent durant chaque nuit ? Tu est un insouciant Endel. Tu est doué, mais si tu continues comme ça, tu subira le même sort que ta mère !
Cette phrase le fit sursauter.
- Ne recommence pas avec ça, le pria Endel.
- Je ne fais que te mettre en garde… encore une fois !

Endel lui lança un regard colérique avant de bouger enfin. Il se dirigea nerveusement vers une large table sur laquelle il y déposa brusquement ses armes, quelques uns de ses vêtements et enfin le butin qu’il avait volé au cours de la journée.
- As-tu continué tes recherches sur le journal ? demanda le père qui faisait mine de ne pas prêter attention au comportement brutal de son fils.
Endel s’immobilisa. Cette question, il la lui posait tous les jours depuis son enfance. A chaque fois, il s’était résigné à une réponse négative. Mais cette fois-ci, il en était autrement.
- Oui. Je l’ai trouvé, chez un brocanteur du nom de Borsis Nal. Mais je ne l’ai pas ici.
Son père écarquilla les yeux et semblait soudain animé d’une profonde ambition.
- Je veux que tu y retournes demain matin dès l’ouverture du magasin ! Et vole-le.
- Cela sous-entend que tu veux que je partes avant le lever du jour ?
Son père soupira profondément.
- Très bien. Tu partiras dès l’aube. Comment t’y es-tu pris ? Ca fait une dizaine d’année que nous le cherch…
- Que TU le cherche !
- Comment t’y es-tu pris ? répéta le père avec insistance, ne prêtant pas attention à la remarque de son fils.
- J’aurai cru que ce bouquin aurait brûlé avec tous les autres depuis le temps… surtout avec la valeur qu’il a. Mais sa survie est facilement explicable, puisque ce n’est pas un livre, mais un objet.
- Un objet ?! s’énerva le père. Mais enfin…
- Laisse moi finir. J’ai récolté de nombreux récits et notes concernant ce journal et tous ont indiqué que le légendaire journal d’Orfactel est en réalité un vieux coffre incrusté de symboles étranges. Sa particularité est qu’il est fait dans un métal inébranlable.
- Le livre doit certainement être dedans ! s’exclama son père.
- Possible. Mais étant donné que personne n’a pu l’ouvrir jusqu’à maintenant… personne ne peux affirmer que c’est un journal qui s’y trouve à l’intérieur. Ce bouquin en lui-même reste pour l’instant légendaire.
- Comment sais-tu que ce coffre concerne le dernier voyage d’Ornatel ?
- Selon les écrits que j’ai trouvé, dessus y serait inscrit « ici est renfermé le secret d’Ornatel », dans l’ancien langage biensûr. Aucun habitant actuel ne serait capable de déchiffrer, pas même nous.
- Comment l’as-tu retrouvé ? demanda son père qui semblait de plus en plus passionné par l’histoire.
- En réalité je ne l’ai pas vu… mais une rumeur s’est propagée il y a quelques mois dans le quartier, comme quoi un sous-fifre du souverain se serait rendu chez un brocanteur du centre pour se débarrasser de vieilles affaires qu’il aurait retrouvé dans un sous-sol caché de sa nouvelle habitation. Bien entendu, je ne suis pas aller vérifier l’histoire. Quoiqu’il en soit, un coffre magnifiquement ornementé aurait attiré l’attention des habitants et les plus avisés des voleurs, témoins de l'agissement, ont commencé à le convoiter. Mais la surveillance du centre et les sécurité ne leur permirent pas d’atteindre ne serait-ce que la porte d’entrée du magasin. J’ai rendu visite au brocanteur, mais le coffre avait été récupéré par un autre revendeur. Il s’agit de Borsis Nal. C’est un des marchands les plus fréquentés du coin, celui que je suis allé voir ce soir. Ses objets de plus grandes valeurs se trouvent dans un espace réservé à une clientèle de luxe digne de sa confiance et qui ont de quoi payer. Ca fait une semaine que je lui rend visite. Je lui ait réparé sa serrure en y renforçant la sécurité et l’ai aidé à vendre des objets plus chers qu’il ne valent. Apparemment je suis parvenu à acquérir un peu de sa confiance.
- Intéressant… mais es-tu sûr qu’il possède ce coffre ?
- J’ai douté, c’est pourquoi je rentre si tard ce soir. Tandis qu’il faisait visiter à un client privilégié sa fameuse pièce d’objets de valeurs, j’en ai profité. Etant donné que c’est moi qui ait réparé sa serrure, je savais désormais comment l’ouvrir et ce sans faire de bruit. Je suis donc entrée à l’intérieur du magasin et je suis allé mettre hors service sa machine à compter, l’outils indispensable pour un marchand comme lui. Je suis revenu le voir ce soir, et je lui ait proposé de faire ses comptes…
- Tu lui calculer ses comptes ?? Tu as fait une démonstration de tes capacités devant un de ces foutus citoyens ?!! s’énerva son père qui sous le coup de la colère s’était levé de son siège. Il savent qu’il existe encore quelques orfacteliens. Il savent aussi que certains sont capables de faire des choses qu’ils considèrent comme impossibles ! Je ne peux pas croire que tu ais pu faire une erreur pareil !
- Ne t’en fais pas, soupira Endel. Je lui ait donné un résultat faux, comme ça lorsque sa machine sera réparé, il verra et croira que j’ai fait ça pour flirter. Quoiqu’il en soit, j’ai eu accès à son carnet de compte, et pendant qu’il était occupé à regarder sa boutique d’un air pensif j’ai regardé rapidement la page concernant ses objets de valeurs acquis récemment. Je suis parvenu à mémoriser la page. Parmi la liste d’objets était inscrit « coffre richement décoré, impossible à ouvrir, très lourd, texte incrusté dans une langue inconnue, pièce de grande valeur ». Il ne fait aucun doute qu’il s’agissait du bon coffre.

Son père se rassit, et resta pensif un moment. Sa colère semblait avoir totalement disparu. Il semblait repenser à tout le cheminement qu’avait fait son fils. Il leva finalement les yeux en direction d’Endel.
- Tu es un génie fiston, déclara-t-il en lui adressant son premier sourire de la soirée. Je veux que tu y revienne demain et que tu te débrouille pour le ramener ici.
- Je vais y réfléchir. En attendant, bonne nuit père.
- Laisse moi deviner, dit-il une dernière fois. C’est toi qui a trafiqué sa serrure pour ensuite la réparer ?
- Je pensais que c’était un détail évident… tu m’a habitué à mieux que ça, dit-il avec humour.

_____________________________________________________________
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MessageSujet: Re: Nagarath   Dim 6 Juil - 23:58

Chapitre VI : La Quête du Mage (4)

La luminosité de la pierre s’affaiblit petit à petit jusqu’à retrouver son éclat neutre initiale. En quelques instants la grotte fut replongée dans son obscurité habituelle. Farindel mit quelques instants avant de se réhabituer au noir de la cavité. Devant lui, à proximité du socle étaient alignés cinq homme vêtus d’ambles vêtements rougeoyants encapuchonnés. Leurs visages étaient imperceptibles. Les lueurs bleutés qui parcouraient leur corps redescendaient lentement vers le sol invisible.
Les Gardiens de la Pierre, pensa Farindel. Cette historie était donc vraie. Cinq gardiens étaient donc là, conservées par une étrange magie dans ce lieu sinistre depuis des siècles. Le contact d’un étranger sur la pierre semblait les réveiller aussitôt. Mais avaient-ils suivi les évènements qui s’étaient déroulés durant les siècles qui suivent leur sorte d’hibernation spirituelle ?

Les hommes avancèrent lentement, toujours à bonne distance de Farindel, et se positionnèrent en forme de demi-cercle, espacés les uns des autres. L’un d’entre eux, celui qui se trouvait en face de Farindel, s’avança de quelques pas, et prit la parole.

- Tu viens d’entrer dans l’enceinte où repose la pierre de notre roi Orfactel, dit-il d’une fois profonde et grave. Seul un de ses héritiers détient le droit d’y pénétrer… et de s’emparer de sa propriété. Tout étranger essayant de la voler doit être punis de mort, c’est le serment que nous avons tenu devant Orfactel au prix d’une vie éternelle conservée et maintenue en hibernation par les pouvoirs de la pierre.

Les gardiens commencèrent à dégainer lentement leur épée. Si Farindel voulait s’en tirer, ou tout du moins gagner du temps avant le moment fatidique, il devait tenter à tout prix de raisonner ces gardiens.

- Vous faites une erreur… plus d’un millénaire a passé depuis votre mise en hibernation. Durant ce temps bon nombre d’évènements se sont déroulés. Aujourd’hui Orfactelia et son peuple sont au bord de l’extinction. Il n’existe plus de lignée royale depuis plus de trois siècles.

Un gardien, celui le plus à gauche de Farindel, émit un ricanement discret.

- Un des principes de la pierre, dit-il d’une voix bien plus aigu que son précédent, disait que si la lignée de la famille royale venait à disparaître totalement, la pierre s’autodétruirait, et par conséquent ses gardiens mourraient avec. Hors, nous sommes toujours là pour servir l’héritier d’Orfactel, et nous ne laisserons pas un perfide comme vous s’emparer de son objet le plus sacré.

Farindel était pris au dépourvu. A l’évidence il ne savait pas tout. Un héritier encore en vie se serait su depuis bien longtemps, il lui était inconcevable d’imaginer une telle vérité. Mais pour l’heure, les gardes avançaient lentement vers lui leur épée pointée vers sa poitrine. Farindel sentait un étrange courant lui parcourir le corps et ne tarda pas à se rendre compte que l’un d’entre eux était en train d’utiliser un pouvoir pour le paralyser et lui éviter d’effectuer tout mouvement rebelle. A l’évidence, il s’agissait de mages certainement aussi puissant les uns que les autres. Mais Farindel n’était pas prêt à se laisser transpercer par ces cinq lames.

- Je suis l’unique descendant de Myrkenel, déclara-t-il dans une dernière tentative de négociation plus dans un but persuasif qu’autre chose. Et j’ai été entraîné à la magie par les Nagars, ne m’obligeait pas à me battre…

Les gardiens laissèrent échapper quelques rires au sujet de cette remarque, tandis qu’ils étaient désormais tout proches de lui. Le mage à la voix grave pointa alors la pointe de son épée sur sa gorge.

- Nous te donnons la chance de t’accorder une mort honnête et de réparer l’erreur que tu as commises, en nous rendant la pierre et en avouant ton crime. Dans l’autre cas, ne serons dans l’obligation de t’éliminer comme une simple vermine et de t’ôter de la pierre.

Farindel avait toujours sa main en contact avec la paroi.

- J’avoue… commença-t-il à dire. J’avoue être très déçus par votre entêtement. Je partirai d’ici avec cette pierre, en vous démontrant que même une vermine peut mettre à terre les gardiens de cette pierre.
- Attention ! cria l’un des gardiens.

Un puissant grondement retentit dans la caverne silencieuse. Précédemment, Farindel avait fragilisé de toute part et jusqu’à des profondeurs importantes la cavité toute entière. Il s’avait que provoquer une simple émission vibratile dans l’un des points faibles qu’il avait généré entraînerai l’effondrement de toute ce qui maintenait la cavité en place.
Le bruit insupportable produit par la roche en train de se déstructurer déconcentra les gardiens un instant, et l’emprise exercée sur Farindel se dissipa en grande partie. Ne perdant pas de temps, Farindel dégaina sa longue épée et trancha net la tête du gardien qui lui faisait face. Pour les autres, ils n’eurent pas le temps de venger leur camarade, car la parois qui se trouvait derrière Farindel était en train de s’écrouler sur eux. Par réflexe ils reculèrent en direction du centre de la pièce, où le socle de la pierre venait de voler en éclat avec la chute d’un imposant bloc de pierre.
Le vacarme et la laborieuse visibilité provoqués par les innombrables cailloux et gravillons qui tombaient tels une cascade ne permettaient pas à Farindel de distinguer clairement les gardiens qui s’étaient éloignés de lui. Cependant il pu entendre, bien que difficilement, les paroles de plusieurs d’entre eux.

- Sortez d’ici je m’occupe de lui !
- Notre devoir est de protéger la pierre, hors de question de fuir devant ce charlatan ! déclara une voix plus roque.
- Je suis le seul d’entre nous a avoir des chances de survivre à cet effondrement ! cria la première voix. Inutile de mourir bêtement tant qu’un gardien est là pour la protéger !

Farindel ne parvint pas à distinguer les autres paroles. Quoiqu’il en soit, il discerna trois gardiens se diriger en direction de l’ouverture qui débouchait sur la cavité, tandis que celui qui restait fonçait droit sur lui. D’énormes bloques de pierre continuaient à tomber en même temps qu’une couche épaisse de poussière et de gravillon rendait un duel difficile à gérer. Il entendit au loin un hurlement. Après un bref regard en direction de l’issue, il ne distinguait plus que deux gardiens la franchir, le troisième avait du être écrasé par l’énorme bloc qui était apparu devant l’entrée, et qui menaçait d’en boucher l’accès.
Il ramena rapidement son attention sur l’homme qui fonçait vers lui. Apparemment, cet homme était en effet capable de résister de survivre dans ce milieu, et Farindel ne mit pas longtemps à comprendre. Lorsqu’un bloc de roche s’abattit sur le gardien, celui-ci le désintégra lorsque la pierre arriva au contact de ses mains. Farindel devait ainsi faire face à un homme de la même carrure que lui. Celui-ci avait le visage dévoilé. Farindel cru apercevoir un homme aux traits nobles, plutôt âgé et aux cheveux grisâtres.
Il dégaina de justesse son épée pour contrer celle du gardien qui venait de charger sur lui. La puissance de la charge projeta Farindel en arrière et, dans sa chute il échappa par malheur la pierre qu’il avait jusqu’à maintenant gardé fermement entre ses mains. Encore étourdi par cette charge, certainement aidé d’une violente poussée d’air de la part de l’agresseur, Farindel roula sur lui même et évita de justesse l’arrivée d’un bloc de roche qu’il n’aurait pu briser grâce à ses capacités magiques. L’instant d’après il vit de nouveau le gardien bondir sur lui, s’apprêtant à lui donner un coup verticale meurtrier. Farindel s’aperçu avec effroi qu’il avait également égaré son épée. C’est ainsi qu’il para l’arme de son adversaire à l’aide d’un rocher qui se trouvait à proximité. Immédiatement après le coup, Farindel désagrégea la roche en poussière qu’il projeta sur le visage du gardien. Ce dernier recula, complètement aveuglé par la défensive de Farindel.
Il n’y avait pas de temps à perdre, surtout lorsqu’un bruit assourdissant telle une détonation se propagea dans tout l’espace. Un profond grondement accompagnait désormais le bruit de chute des pierres qui commençaient à recouvrir entièrement la surface du sol invisible. Farindel, qui percevait ses vibrations de plus en plus intenses, devina de quoi il s’agissait. Le plafond de la cavité, à force de se désépaissir, avait succombé au poids de l’eau qui désormais se dirigeait droit sur eux. Bien que l’eau était le domaine de prédilection de Farindel, celui-ci n’avait jamais eu à faire à une force de pression aussi importante.
D’un geste vif il se releva et son adversaire, remit de son attaque subit, s’apprêtait à l’attaquer une nouvelle fois. Repérant son épée non loin de lui, Farindel s’en empara et para le coup de son adversaire en faisant tournoyer son épée derrière le dos. Un duel s’engagea alors, tandis que la masse d’eau, bien que la hauteur du plafond soit colossale, s’approchait d’eux de plus en plus puissamment.
Le duel tourna court, car les talents de combattant de Farindel semblaient nettement supérieurs à ceux du gardiens, qui fut désarmé sans grande difficultés. Farindel adressa ensuite un crochet bien placé à son ennemi déconcerté qui tomba en arrière. La tête de celui-ci cogna un rocher saillant. Le gardien resta inconscient quelques instants, ou tout du moins assez longtemps pour que Farindel reprenne la pierre que son adversaire avait ramassé quelques instants plus tôt. Lorsque le gardien reprit ses esprits, Farindel était déjà en pleine course en direction de la sorti, enjambant et sautant par-dessus les rochers tombés. Bizarrement le sol lui semblait mou, comme si celui-ci était une couche de tissus suspendu dans du vide. Le mage compris alors que le sol magique n’était pas fait pour supporter tant de poids. Dans un dernier élan, Farindel bondit à travers l’ouverture et se réceptionna à l’aide d’une roulé-boulé. Il se mis aussitôt à courir le long du couloir, tandis que l’eau venait de percuter le sol invisible qui s’apprêtait à céder.
Un vigoureux courant d’eau cependant se faufila à travers l’ouverture et menaçait de rattraper Farindel qui courait en direction de la salle des gardes. Une fois avoir atteint un niveau supérieur, il se reposa quelques secondes le temps de reprendre son souffle.

Toute la structure tremblait, et il ne serait pas étonné de voir la tour s’écrouler d’un instant à l’autre. C’est pourquoi après un bref instant il reparti de plus belle et finit par atteindre la porte qui débouchait sur la salle anciennement habité par les gardes orfacteliens. Lorsqu’il entra à l’intérieur, un des deux gardiens survivant l’attendait, l’épée pointée en sa direction. Farindel s’immobilisa dans sa course. Quel pouvait bien être les pouvoirs de celui-ci ? C’était une situation toujours gênante, lorsque deux mages s’ignorant l’un l’autre devaient s’affronter. Chacun ignorait le pouvoir de l’autre et souvent cette ignorance entraînait des effets de surprises qui pouvaient aboutir immédiatement à la mort de l’un de deux si la victime tardait à agir ou n’avait pas pris les précaution nécessaire…
C’était le genre d’accident bête que Farindel souhaitait éviter. C’est pourquoi il décida d’agir le premier, de manière rapide et efficace… Il s’empara de l’une de ses fameuses brindilles de bois sec et généra la flamme la plus chaude qu’il pu provoquer. Le feu jaillit de ses mains en direction du gardien, qui ne s’attendait apparemment pas à une telle attaque. Celui-ci poussa des hurlement de douleur lorsque son corps entier pris feu. Farindel dégaina sont épée et l’acheva en lui transperçant la poitrine. Il était plutôt satisfait de pas avoir eu à se frotter aux pouvoirs de sa victime. Des gardiens de la pierre ne devaient pas être du genre à débuter dans le domaine de la magie…
Sans tarder il quitta la pièce et reprit l’infernal escalier qu’il avait descendu à son arrivée… mais cette fois-ci en montée ! Au bout de plusieurs minutes il parvint, fatigué, à l’espace demi-circulaire au-dessus duquel se trouvait la trappe menant vers l’extérieur. Il s’agenouilla pour reprendre des forces, tout en restant dans la plus grande discrétion. Car le sommet de la tour restant le seul endroit où l’on avait pied, Farindel se doutait que le gardien restant l’y attendait de pied ferme, à moins que celui-ci ne soit dotés de pouvoirs lui permettant de progresser dans d’autres milieux que la terre ferme.
Soudain un léger tremblement se fit sentir. L’éboulement commençait à amocher la tour. Il lui fallait faire vite et quitter cet endroit au plus vite. Afin d’éviter de passer par la trappe, il décida d’employer un autre chemin. Il caressa un endroit du mur et s’en éloigna d’une bonne distante. Puis, dans un élan déterminé il chargea se même mur et se rua dessus. Dès l’instant où son corps percuta le mur, la paroi explosa vers l’extérieur. Farindel chuta dans les eaux déchaînées, mais son pouvoir lui permit de maîtriser rapidement l’intensité des flux, de la même manière qu’il avait calmé ces eaux afin d’accéder à la tour. De retour à la surface, il se hâta de refroidir l’eau. Un couche de glace de la superficie d’un radeau se forma alors. Farindel monta dessus et redressa immédiatement sa tête en direction du sommet de la tour. Le dernier gardien s’y trouvait effectivement. Immobile, il semblait fixait le mage. Les eaux s’étaient calmés aux alentours par Farindel, se qui un étrange silence par rapport au vacarme qu’il venait de traverser. Seuls le mouvement des vagues au-delà de la limite contrôlée par le mage et le grondement toujours actif de l’éboulement progressive de la tour se faisaient entendre

- Surprenant, avoua le gardien. Tu as réussi à franchir cette tour avec la pierre ainsi qu’à élimer la quasi-totalité de ses gardiens. Pour faire autant de dégât, ta magie doit être grande.
- Elle l’a souvent été dans ma famille, avoua Farindel. Tout ce que je vous ait dit été vrai, je vous avez prévenu.
- Tu prétend donc être un descendant de Myrkenel entraîné par la Nagars en personne ?
- C’est exact.

Le gardien ne répondit pas à cette affirmation. Il fit les cents pas pendant un court instant et continua à questionner le mage.

- Maintenant que j’ai conscience de tes pouvoirs et que j’ai de quoi m’en méfier, je pense qu’il est inutile que je t’affronte en combat singulier dans ces eaux. Ou tout du moins par avant de savoir pourquoi tu convoites tant la Pierre d’Orfactel.

Farindel augmenta la surface de glace vers la gauche.

- Il y a de la place pour deux. Je peux t’apprendre beaucoup de choses si tu acceptes de me suivre. Quoiqu’il arrive, cette tour va s’écrouler et tu n’aura aucun moyen de navigation. En me tuant, tu laisses la pierre tomber dans les abysses et tu te noies avec. Et cette portion de glace finiras par fondre si je ne suis pas là pour entretenir sa température. Pour résumé clairement la situation j’ai l’avantage du terrain, et pas qu’un peu…

Le gardien sembla réfléchir un instant, avant de répondre :

- Un verdict disait qu’un gardien jurant sur la pierre doit tenir sa promesse, sans quoi l’immortalité qui lui est dû disparaît aussitôt. Ainsi je jure sur cette pierre de ne pas te tuer avant de connaître les raisons de ta convoitise. Mes confrères t’ont sous-estimé, je ne commettrait pas la même erreur.
- Voilà qui est mieux comme ça, conclue Farindel plus pour lui-même que pour le gardien.
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MessageSujet: Re: Nagarath   Mar 8 Juil - 1:45

Chapitre VII : Un génie parmi les ombres (2)

Endel n’arrivait pas à fermer l’œil de la nuit. Il repensait sans cesse à ce coffre et aux ambitions de son père. Même s’il n’appréciait guère ce que lui imposait ce dernier, il tenait toujours à satisfaire ses demandes. Car son père était pour lui la seule personne qui pouvait éprouver une certaine fierté à son égard. C’était le seul être qui tenait à lui, même si il lui arrivait de tenir parfois des propos très durs. Après tout, c’était un ancien militaire…
Endel se rappela la fois où son père lui parla pour la première fois du coffre. Apparemment celui-ci était hanté par cet objet depuis déjà un long moment. Endel supposa – car il prenait grand soin à ne pas poser trop de questions sur le passé de son père – que celui-ci avait pris connaissance de cette légende lorsqu’il appartenait au réseau de résistance qui lutta durant des siècles contre l’envahisseur qui avait anéanti son peuple, et qui désormais avait disparu et comptait à ce jour peu de survivant.
Voilà près de deux heures qu’Endel avait établi un plan précis afin de dérober le coffre. Enfin… dérober n’était pas le terme exact. Il lui suffisait seulement d’accéder à la salle où était exposé l’objet et de l’analyser attentivement. La simple analyse du coffre lui permettrait de retenir dans les moindre détail les éléments esthétiques du coffre et pourrait ainsi y travailler à tête reposer chez lui, sans voler la moindre chose. Une fois qu’il aurait découvert la bonne combinaison, c’est à ce moment qu’il aura pour mission de dérober le coffre, si il se trouve toujours au même endroit.
Le plan pour accéder à la salle de la boutique était donc prêt. Endel décida finalement de se lever du lit et regarda par la fenêtre. La plus petite des deux lunes de Nagarath finissait de disparaître, tandis que l’autre s’apprêtait à en faire autant d’ici une ou deux heures. En cette période, cela correspondait à peu près à l’heure d’ouverture de presque tous les commerces, dont celui de Borsis Nal.
Endel n’avait pas d’horloge dans la minuscule pièce qui lui servait de chambre. Il dormait dans une caisse de bois, à l’intérieur de laquelle un empilement de couvertures diverses et variées lui servait de sommier. A côté, une minuscule table de nuit était à sa disposition, avec comme seuls objets à supporter un bougeoir posé dessus à portée de mains ainsi que des réserves de bougies et de quoi faire du feux dissimulés dans le large tiroir situé en dessous.
Le reste de la chambre n’était pas assez spacieux pour accueillir d’autre mobilier. Cependant de nombreux livres étaient éparpillés sur le sol. En effet, Endel finissait ses lectures très rapidement et n’était pas du genre à passer son temps à faire du rangement. Les murs grisâtres cimentés étaient sals et en grande partie altérés.

Les ordres de son père étaient clairs, pas de sorties imprudentes avant l’arrivée du jour. Mais Endel brûlait désormais d’impatience de revenir à la boutique de Nal. Et après tout, il considérait toujours que son père exagérait au sujet de la fréquence des meurtres qui avaient lieu dans le quartier pendant la nuit… même si il y en avait tout de même ! Et à cette heure-ci Endel considérait que le mal était déjà fait. A quelques heures du lever du jour les assassins devaient déjà avoir accompli leurs missions, ou tout du moins c’était son raisonnement.
Endel prit le risque. Il ouvrit lentement la porte en tâchant de ne pas faire de bruit, chose qui était difficile étant donné que les jointures était sérieusement grippées. Mais Endel était assez mince et il n’eut pas besoin de l’ouvrir dans sa totalité. Il traversa ensuite le salon plongé dans l’obscurité total. Il savait qu’en ouvrant la porte ou même l’une des deux fenêtres de la pièce, le vacarme provoqué réveillerait sans aucun doute son père, qui était une véritable sentinelle. Ainsi Endel devait une fois de plus utiliser la bonne vieille méthode, que son père n’avait bien évidemment jamais remarqué. Il revint dans sa chambre et s’empara de l’une des couvertures. De retour dans le salon, il s’en servit pour s’envelopper entièrement. Au passage, il pris également son épée disposé sur la table et l’accrocha solidement à sa ceinture. Il se dirigea ensuite à tâtons vers la cheminée. Si la maison était petite, l’âtre en l’occurrence avait l’avantage d’avoir un large conduit.
Endel se faufila sous celui-ci et, après avoir terminé de s’envelopper totalement, tandis les bras vers le haut au hasard. Ses mains dissimulés sous la couverture finir par rencontrer un objet plutôt dur, un câble métallique plus précisément. Une fois s’en être emparé, il s’éleva par la simple force des bras. La couverture frottait durement contre les parois entièrement recouvertes de suies de la cheminée. Heureusement pour Endel – qui commençait à suffoquer dans ce conduit restreint en plus de l’effort fourni – la maison n’était haute que d’un seul étage, la cheminée était par conséquent assez basse.
Lorsqu’il arriva en haut, il saisit les deux rebord du sommet de la cheminée pour se hisser vers l’extérieur. La couverture à la base de couleur beige était désormais totalement noire. Endel s’en débarrassa rapidement et la balança de manière aléatoire, suite à quoi il pris une large bouffée d’air tandis qu’il commençait à transpirer de toute part. Mais au moins, ses vêtements étaient restés propre et son père dormait toujours d’un sommeil paisible.

Endel se dirigea à l’extrémité droite du toit plat. En face de lui se trouvait la maison voisine. Et entre les deux habitations, une sorte de cabanon au toit pentu comblait l’espace à un niveau inférieur. Endel sauta sur le toit du cagibis de bois. Désormais il se trouvait à une hauteur raisonnable du sol et pouvoir atteindre celui-ci sans se risquer dans un saut périlleux.
Le plus difficile était fait, ou tout du moins il l’espérait. Il s’élança d’un pas allant dans la rue encore déserte, faiblement éclairée par les torches murales bancales. En une bonne demi-heure il arriva au niveau de la brocante de Borsis Nal. Les commerces qu’il avait croisés commençaient tout juste à ouvrir tandis que bizarrement aucunes lumières n’émanaient de celle de Nal. Endel se rapprocha encore et remarqua avec stupeur que la poignée ainsi que la porte avaient était forcées. Endel recula de quelques pas et mis quelques instants à arracher la torche murale la plus proche. Il se reposa ensuite devant le magasin de Borsis. Il n’y avait toujours personne en vue dans la rue et le silence, hormis le bruit des crépitements émis par la flamme de la torche, était total. Endel sentait l’adrénaline monter progressivement en lui lorsqu’il décida de pousser la porte et de pénétrer à l’intérieur. La pièce était vide. Le mobilier semblait ne pas avoir été brusqué. A la lueur de la flamme Endel reconnu quelques objets familiers telle que la machine à compter ou encore le tableau mural représentant le roi actuel d’Orfactelia. La pièce d’accueil était relativement petite. Endel ne perdit pas plus de temps et se dirigea en direction de la porte en bois située à gauche du mur qui lui faisait face. Son cœur battait de plus en plus vite et Endel n’osait pas émettre le moindre son, ne serait-ce que pour appeler le nom du brocanteur. Le silence ici était anormal et Endel le savait, Borsis Nal aurait dû ouvrir depuis déjà un bon moment. La pièce qui s’offrait à lui était très vaste. D’innombrables meubles et antiquités de toutes sorte décoraient la pièce. Endel n’avais malheureusement pas l’envie, à ce moment-là, d’y regarder de plus près. Il tourna la tête vers la droite et aperçu, au loin, le début d’un couloir. Il s’y dirigea et traversa celui-ci jusqu’à atteindre une porte à double battant entrouverte.

Endel sentit soudain qu’il marchait sur une drôle de substance. Il rabaissa sa torche en direction du sol et vit avec effroi un flaque de sang qui s’étendait du bas de la porte jusqu’à ses pieds. Son cœur battit de plus belle et la peur commençait à envahir son corps. Il sentait ses membres se paralyser de frayeur et regretta immédiatement de ne pas avoir attendu le lever du jour. Il repensa aux paroles de son et pour la première fois, pris conscience de la portée de ses mots. Une chose était évidente, une agression voir un meurtre avaient été produits dans ce lieu. Endel reprit son calme lentement. Le silence l’effrayait et la torche tremblait légèrement entre ses mains. Son souffle devenait haletant. Mais il n’oubliait pas le pourquoi il était venu. Cette porte menait très certainement à la salle des objets de grandes valeurs, où se trouvait certainement le coffre. Ne percevant ni lumière ni bruit en provenance de la pièce dissimulée derrière la porte, il en déduit que personne ne devait s’y trouver. Prenant son courage à deux mains, il poussa la porte et avança très prudemment dans la pièce. Mais à peine avait-il fait trois pas que son pied percuta un objet qui roula légèrement à la suite du contact. Il pointa instinctivement la torche en direction du sol et ce qu’il vit le terrorisa. La tête crispée de Borsis Nal, détachée sauvagement du reste de son corps, se trouvait à ses pieds.
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MessageSujet: Re: Nagarath   Mar 8 Juil - 1:51

Endel ne put se retenir d’échapper un crie de frayeur tout en s’écartant de la tête vers sa droite. Dans son mouvement il percuta une armure massive qui se renversa et rompit violemment le silence qui avait régnait jusqu’à maintenant. Endel tomba en arrière et se retrouva à plat ventre par terre.
« Par toutes les divinités ! » disait-il dans sa tête. « Réveilles-toi Endel, réveilles-toi ! ». Mais ses mots n’étaient pensés que dans le simple but de le rassurer, car il savait au fond que tout ce qu’il vivait était vrai. Il voulu dans l’instant partir en courant, sortir de cette boutique et revenir chez lui retrouver sa caisse de bois et ses couvertures. Mais un autre événement lui empêcha de mettre ses désirs en action…
Le bruit d’une lame se retirant de son fourreau se fit entendre juste au-dessus de sa tête. Il se releva brutalement et dégaina également son épée en direction de son agresseur. La torche lui révéla un homme doté d’une large cape marron, accompagné d’une capuche recouvrant en grand partie son visage.
Endel tenta d’éblouir l’individu et projetant sa torche devant son visage, mais l’homme ne bougea pas d’un poil. Ses bras étaient tendus en direction du sol, et l’une de ses mains tenait une dague…

- Ta torche ne me fera aucun effet, déclara-t-il d’une voix à la fois neutre, grave et jeune. Tu ne m’a pas l’air d’être un individu motivé par un désir de tuer. Que viens-tu faire ici ?

Endel restait sans voix. Et il répondit par une autre question, la seule qui l’intéressait à ce moment précis.

- Al… Allez-vous me tuer ? dit-il d’une voix paniquée.
- Réponds d’abord à mes questions et je déciderai de ton sort après…
- Je… Je venais rendre visite à Borsis Nal, l’homme qui tiens… tenais ce commerce.
- N’as-tu par remarqué que sa boutique a été braquée ? enchaîna-t-il aussitôt.
- Je l’ai deviné… et je tenais à savoir si il ne lui été rien arrivé de grave.
- Tu ne m’a pas l’air d’être un homme des plus courageux, tu n’a pas l’intonation d’un soldat, d’un garde ou d’un assassin… mais peut être celle d’un voleur pris en flagrant délit ?

Endel ne su quoi répondre. Il avait apparemment à faire à quelqu’un d’expérimenté. Sa situation dégénérait de plus en plus.

- Lorsque tu as atteint cette porte, continua l’homme au visage caché, tu n’a pas pu manquer d’apercevoir le sang qui s’étendait à tes pieds. J’ai parfaitement perçu l’angoisse dans le rythme de ta respiration et l’accélération brutale des battements de ton cœur. Et pourtant, pour une raison qui m’est encore inconnue, tu as franchi cette porte sous l’impulsion d’une ambition qui s’avérait dominer ta peur. Et étrangement, il s’agit ici de la salle conservant des objets de très hautes valeurs comme tu as pu le remarquer. Ainsi je reformule ma question : quel objet que tu convoites dans cette pièce peut-il provoquer un tel courage en toi ?

Endel considéra l’homme. Mais quelles pouvait bien être ces histoires de battements de cœur et de respiration ? Cet homme ne lui semblait pas être dans les normes et pourtant il savait parler et paraissait ne pas vouloir tuer sans raisons précises. C’est ce dernier point qui lui permit de reprendre progressivement son calme et de parler plus librement.

- Un coffre, avoua-t-il enfin. Un coffre de grande valeur, mais je n’avais nullement l’intention de le voler, seulement de l’examiner.
- Un coffre… noir, incrusté d’anciens symbole ornateliens et impossible à ouvrir ?
- C’est exact… affirma Endel qui remarqua que l’homme en savait plus qu’il ne le croyait.
- Précisément ce que les hommes d’un seigneur Kersen ont emporté par force quelques heures plutôt…

Il pointa enfin sa lame à la gorge d’Endel, qui ne préféra pas se servir de son épée, considérant que l’homme devait manier l’arme plus adroitement que lui. Apparemment, cet individu n’était pas le seul coupable dans cet affaire de meurtre et de braquage. Les Kersens étaient également derrière tout ça. Cette homme en faisait-il parti ? Si oui, il ne semblait pas être dans leur coup.

- Si je vous dit la vérité vous n’en comprendrez pas l’ampleur de sa signification, prévint-il.
- Assures-toi que je saurai si tu dis la vérité ou non...

Cet homme était décidément très étrange.

- Il contiendrait un journal légendaire… commença-t-il.
- Continue…
- Il s’agirait du journal du roi Ornatel… et dévoilerai les véritables évènements s’étant déroulés au cours de son dernier voyage dans les Terres Glacées.

L’homme rabaissa sa dague. A l’évidence il croyait aux propos d’Endel.

- Le journal d’Ornatel est une vieille légende. On dit que l’un des trois survivants du voyage, apparemment voués à garder le silence sur ces évènements, aurait écrit ce livre relatant le voyage mystérieux d’Ornatel. J’ignorai cependant que la légende parlait d’un coffre le renfermant.

Cet homme était par conséquent un connaisseur du monde des anciens hommes de Nagarath et semblait en parler avec aisance. De par le comportement de l'individu et de ce qu'il semblait savoir, Endel commençait à comprendre une chose.

- Vous êtes un Orfactelien ? déduisit Endel.
- C’est exact.
- Pourquoi avoir tué cet homme ? dit Endel en désigna la tête de Borsis Nal. Simplement parce qu’il s’agissait d’un Kersen* ?
- Ce n’est pas moi qui l’ai tué, dit calmement l’homme. Je suis un assassin mais je ne tue pas les innocents. Je suis à la poursuite de ce seigneur Kersen qui est venu piller cette boutique et dérober ce coffre avec ses hommes. Ce n’est ni ce brocanteur ni son butin qui m’intéressait, mais sa mort. Je suis ici en quête d’indices afin de retrouver leurs traces.

Après un bref instant, il déclara.

- Saches que je te laisse la vie sauve. Et à l’avenir évite de te mêler à cette histoire de journal, il semble être la source de grand dangers.

L’homme rangea sa dague et commença à sa diriger vers la sortie. A peine eut-il dépasser Endel qu’il s’arrêta net, comme alerté par une menace inconnue. Son regard parcourait la pièce. Il commença à revenir sur ses pas saisit brusquement Endel par le col.

- Regarde-moi, lui ordonna-t-il.

Endel fixa son regard et soudainement la lumière de la torche devint si intense qu’il dut fermer aussitôt les yeux. N'y voyant plus rien sur le coup, il sentit tout de même l’homme se saisir du flambeau et l’éteindre et l’étouffant à l’aide de sa cape. Lorsque Endel rouvrit de nouveau ses paupières, il n’en croyait pas ses yeux. L’obscurité se dévoilait devant lui. Ses yeux ne lui offrait qu’une couleur monochromatique bleuté, mais il parvenait à voir clairement dans l’obscurité la plus totale. C'était à la fois effrayant et impressionnant.

- Comment faites-vous ça ?! demanda-t-il incrédule.
- Ne poses pas de question et cache-toi immédiatement, la garde civile s’apprête à pénétrer dans l’échoppe.
_____________
* J'ai pris de nouveau ce nom pour désigner les envahisseurs d'Orfactelia. Je l'avais utilisé précédemment pour désigner les Hommes de Néanderthal. Ceci est seulement du à un manque d'inspiration. Ce nom changera prochainement.
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